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Pathologies des organes génitaux

 

Le cancer du testicule


Le cancer du testicule est la tumeur la plus fréquente chez l'homme jeune, survenant surtout entre 15 et 50 ans, le plus souvent curable, avec 90 à 95% de guérison.

 

Les facteurs favorisants


Le principal facteur de risque est la non descente du testicule dans l’enfance (appelée aussi ectopie testiculaire ou cryptorchidie). Le risque d'avoir un cancer est multiplié par 30, par rapport à la population générale, même si le testicule a été descendu chirurgicalement.
 

Les différentes formes de cancer


La plupart des tumeurs dérivent des cellules germinales, qui sont à l'origine de la formation des spermatozoïdes.
On distingue:
  • les tumeurs séminomateuses (40% environ), survenant habituellement au delà de 30 ans.
  • les tumeurs non séminomateuses (60 % environ) regroupent le carcinome embryonnaire, le chorio-carcinome, le tératome, les tumeurs du sac vitellin.
  • les tumeurs mixtes contenant plusieurs composants et qui sont intégrées dans les formes non séminomateuses.
 
Dans 5% des cas, il s'agit de tumeurs non germinales, développées à partir des cellules ne formant pas les spermatozoïdes : tumeurs à cellules de Leydig, à cellules de Sertoli, rhabdomyosarcome, plus rarement des métastases d'autres cancers, lymphomes malins.
 

Les marqueurs sanguins du cancer du testicule


Les marqueurs ont un intérêt diagnostic et pronostic.
La normalité de ces marqueurs n'élimine bien entendu pas une tumeur.
Trois marqueurs sont recherchés:
  • les beta-HCG, secrétées surtout par les chorio-carcinomes, parfois par les carcinomes embryonnaires.
  • les alpha foeto-protéines, élevées surtout dans les tumeurs du sac vitellin, et le carcinome embryonnaire.
  • les lactico-déshydrogénases (LDH), parfois un peu augmentées dans les séminomes.

Le diagnostic


Le cancer est le plus souvent découvert par le patient lui-même, avec la constatation d'une augmentation du volume du testicule, ou d'un nodule induré.
Plus rarement, ce peut être une augmentation du volume des seins (gynécomastie), qui doit faire palper les testicules.
L'examen médical confirme l'existence d'une masse, très rarement douloureuse, indurée.
Quoi qu'il en soit, un gros testicule doit faire rechercher en premier lieu un cancer, jusqu’à preuve du contraire.

 

Conduite à tenir


 
Dès que le diagnostic est évoqué, une échographie va confirmer la réalité de la tumeur. 
Le dosage des marqueurs biologiques va être fait avant l'intervention (orchidectomie).
Une conservation du sperme pour l'avenir est habituellement proposée, tout en sachant que les spermogrammes sont parfois d'emblée perturbés dans cette affection.
L'intervention consiste à enlever le testicule et ses annexes (orchidectomie), en réalisant une incision par voie inguinale.
La pose d'une prothèse de remplacement en silicone est préalablement proposée au patient.

 

Le bilan après l'intervention


Le bilan d'extension comporte un scanner du thorax et de l'abdomen, à la recherche de ganglions métastatiques, dans les aires ganglionnaires lombo-aortiques, et médiastinales.
Un scanner cérébral est demandé en cas de doute.
Si les marqueurs biologiques étaient anormaux, un nouveau dosage est fait après l'orchidectomie.

 

Le traitement après l'intervention


Le type du cancer ayant été affirmé par l'examen microscopique (anatomo-pathologique), un traitement complémentaire est parfois nécessaire:

  • La radiothérapie externe, sur les chaines ganglionnaires, allant du testicule jusqu'à la zone péri-aortique, dure habituellement trois semaines. Elle est souvent utilisée pour les séminomes.
  • La chimiothérapie : plusieurs protocoles de divers médicaments sont proposés, avec une efficacité prouvée, mais avec des effets secondaires, surtout hématologiques.
  • Le curage ganglionnaire : il était la règle dans les tumeurs non séminomateuses dans le passé, mais il est maintenant d'indication rare et réservé aux résultats incomplets de la chimiothérapie.
  • La surveillance clinique, biologique et radiologique.
 
Selon la nature histologique, le traitement après l'orchidectomie va être le suivant:
 
  • Les séminomes sont des tumeurs radio et chimio-sensibles:
  • Dans les stades très localisés, une surveillance est parfois suffisante, avec néanmoins des contrôles très réguliers les premières années. Une radiothérapie est souvent proposée.
  • Dans les stades plus évolués, une chimiothérapie est réalisée.
  • S'il reste des masses ganglionnaires après la chimiothérapie, un curage ganglionnaire chirurgical est conseillé, parfois complété par une nouvelle chimiothérapie.
  • Les tumeurs non séminomateuses ne sont pas sensibles à la radiothérapie.
  • Dans les stades localisés, une surveillance est habituellement la règle.
  • Dans les autres cas, une chimiothérapie est réalisée.
Quoi qu'il en soit, une surveillance régulière est conseillée pendant 5 ans.

 

Les résultats


La survie à 5 ans est d'environ 95 %, ce qui correspond à un excellent résultat en matière de cancérologie. Cette survie dépend néanmoins du type histologique et du stade de la lésion.